Michel Saint-Croix s’adresse aux journalistes. (Photo : Romain Phaniel)
Annoncé à la tête de la commission municipale du Cap-Haïtien lors du Conseil des ministres du mercredi 6 mai 2026, Michel Saint-Croix signe son retour à l’administration communale près de quinze ans après son passage à l’hôtel de ville. Entre attentes populaires, controverses et défis urbains, l’ancien maire promet de s’attaquer en priorité aux problèmes environnementaux qui affectent la deuxième ville du pays.
C’est en marge d’un exercice de simulation organisé par GeoHazard International au Collège Regina Assumpta que Michel Saint-Croix a réagi publiquement à sa nomination à la tête de la commission municipale du Cap-Haïtien composée également de Micado Vreus et d’Edeline Jean.
L’ancien maire du Cap-Haïtien affirme avoir été approché par plusieurs représentants du gouvernement avant sa désignation officielle. Selon ses déclarations, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé l’aurait personnellement contacté pour lui faire savoir que des rapports faisaient état d’une partie de la population réclamant son retour à la mairie.
Bien que l’arrêté officialisant cette nomination n’ait pas encore été publié, la décision aurait été adoptée lors du Conseil des ministres tenu le mercredi 6 mai 2026 au Palais national. Des changements similaires auraient également été opérés dans plusieurs autres municipalités du pays.
Michel Saint-Croix raconte avoir appris la nouvelle alors qu’il se trouvait chez son médecin. Depuis l’annonce de sa désignation, dit-il, son téléphone ne cesse de recevoir des appels. Interrogé sur les nombreuses réactions suscitées sur les réseaux sociaux, l’ancien élu estime que cet engouement renforce davantage son sens des responsabilités face aux attentes de la population.
Élu maire du Cap-Haïtien pour la période 2006-2011, Michel Saint-Croix effectue ainsi un retour remarqué dans la gestion municipale. Une nomination qui ne laisse toutefois pas l’opinion publique indifférente. Certains observateurs estiment que les difficultés auxquelles fait face la ville dépassent la simple question du changement de dirigeants municipaux et nécessitent surtout des moyens financiers et techniques adaptés.
De son côté, Michel Saint-Croix affirme être prêt à mobiliser toutes les ressources possibles afin de répondre aux besoins de la commune. Il indique que la question environnementale constituera sa priorité principale, notamment les problèmes d’insalubrité et d’inondations qui affectent régulièrement la ville.
« Je ne suis ni ingénieur ni agronome, mais j’ai des idées », a-t-il déclaré, précisant vouloir réunir des professionnels de différents secteurs afin de travailler pour « un Cap-Haïtien pour tous et chacun ».
Si une partie de la population capoise accueille favorablement sa nomination, estimant qu’il pourrait contribuer à améliorer la situation de la ville, d’autres expriment des réserves. Plusieurs critiques portent notamment sur son état de santé ainsi que sur des accusations liées à sa précédente gestion municipale.
Abordant les critiques liées à son état de santé, Michel Saint-Croix a précisé qu’il souffre d’ostéoarthrite à la hanche, une condition qui, selon lui, peut être traitée et pour laquelle il a déjà subi des interventions chirurgicales. Il affirme toutefois être en bonne santé mentale et explique que l’utilisation d’une béquille lui a été recommandée par son médecin afin d’éviter des complications. Selon lui, cela ne l’empêchera pas de répondre aux problèmes auxquels fait face la commune.
L’ancien maire a également nié faire l’objet d’un arrêt de débet relatif à son ancienne administration municipale. Il soutient qu’aucune audition n’a jamais été réalisée par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif dans ce dossier. « Si une telle décision existait, elle serait publique », a-t-il affirmé, invitant la population à vérifier les informations circulant à son sujet.
Par ailleurs, Michel Saint-Croix affirme avoir posé deux conditions au gouvernement avant d’accepter cette fonction : la possibilité de prendre certaines décisions impopulaires si nécessaire, ainsi que la mise à disposition de moyens adéquats pour accomplir sa mission. Sans ces garanties, prévient-il, il n’écarte pas l’idée de démissionner.